J’ai la mémoire d’un poisson rouge – Le coin du cerveau

« Oh lala, je suis bête, j’ai failli oublier de passer prendre le pain ! J’ai la mémoire d’un poisson rouge ! »

On peut aussi décliner cette phrase pour de nombreuses autres situations : j’ai failli oublier de te téléphoner, j’allais oublier de finir ce dossier…

Bref, nous finissons petit à petit par nous persuader que nous sommes bêtes, que nous avons bel et bien la mémoire d’un poisson rouge… puisque tout le monde nous parle d’eux !

Et là, je m’arrête ! Il faut bien rendre justice à tous les pauvres poissons rouges cloués au pilori de la mauvaise foi des humains propriétaires cruels de bocaux dans lesquels tournent sans fin les créatures aquatiques pré-citées. Les poissons ont de la mémoire ! Ils en ont même tellement que ma grand-mère me disait qu’il m’en donnait lorsque je les mangeais… si, si je m’en souviens ! Donc c’est vrai !

Moi, je suis convaincue, et ça va peut-être s’avérer délicat de vous convaincre ? J’essaie !

On a testé la mémoire des poissons !!! Si, si, c’est vrai ! On, c’est un ensemble de scientifiques passionnés par les poissons évoluant dans un milieu aquatique profond et dont les journées se passent à traverser l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête. (Les journées des poissons, pas les journées des scientifiques !) Vous suivez ?

Donc, voici deux de leurs expériences : Dans le bocal, les scientifiques disposent quelques leviers qui, poussés par les poissons, délivrent de la nourriture. Au départ les poissons touchent les leviers par hasard et ils reçoivent de la nourriture. Et puis rapidement ils font le lien entre le contact avec le levier et la nourriture qui arrive : on dit qu’ils sont conditionnés. Le scientifique Pavlov avait déjà fait ce genre d’expérience avec des chiens. Ils leur faisait entendre une cloche juste avant de leur donner à manger. Ensuite le seul fait d’entendre la cloche les faisaient saliver… Evidemment, il n’a pas pu constater le salivage des poissons… et il a continué à travailler avec ses chiens baveurs.

Donc revenons à nos poissons rouges. Voila bien la preuve qu’ils ont plus de trois secondes de mémoire. Vous n’êtes pas convaincues ?

Je continue !

Ce chercheur a ensuite inséré une notion de temps : la nourriture n’était donnée que si le levier était poussé à une certaine heure. Rapidement, les poissons se sont habitués à ce nouveau paramètre. Ils ont donc intégré le rythme donné par les chercheurs, sans manifester leur opposition. Pas un des poissons n’a osé dire au chercheur « Tu pousses le bouchon un peu trop loin, Maurice! » Et même si on arretait cette expérience et qu’on la reprenait … 3 mois plus tard, les poissons s’en souvenaient… et en bavaient d’aise… mais ça l’histoire ne le dit pas.

Pour une deuxième expérience les scientifiques, un brin pervers peut-être, ont construit des pièges pour essayer d’enfermer les poissons et surtout pour observer le temps qu’ils mettaient, les poissons, pas les scientifiques pffff, à en sortir… des pièges pas des scientifiques… mais vous suivez ? Et là ; incroyable, roulements de tambours, les poissons mettaient de moins en moins de temps pour en sortir… pas folle, la bête ! et encore mieux, les poissons qui avaient juste observé leurs pauvres congénères injustement emprisonnés pour l’avancée de la science et pour les lectrices de LFDP, étaient capables de les éviter (les pièges !)simplement en les observant (les autres poissons).

Cela implique un phénomène d’apprentissage puisqu’ils s’en sortent à chaque fois un peu mieux. Ils auraient donc déployé pour cela une capacité de mémorisation.

Dire qu’un poisson rouge n’a que quelques secondes de mémoire est donc une idée reçue. Il évolue juste dans un milieu fermé et inintéressant… et donc il s’adapte !

La morale n’acceptez jamais une idée reçue sans vous demander si vous êtes d’accord pour l’accepter… Et renvoyez toutes les idées reçues sur vous… à leur expéditeur !

Le coin du cerveau.
Cécile Lagabrielle, consultante, spécialiste des apprentissages et des Intelligences Multiples
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