Arrête de faire des caprices ! Ca suffit, maintenant !

Ma maman adorée, mon papa chéri, je profite de cette période entre fête des mères et fête des pères pour prendre ma plus belle plume et pour rédiger moi-même ce nouvel article, comme un cadeau pour me faire mieux comprendre. En effet, la chose est beaucoup trop importante pour que je la laisse entre les mains et le cerveau d’une adulte. Je suis un enfant de quelques jours seulement, ou alors j’ai déjà vu de nombreuses lunes, ou bien j’ai traversé plusieurs années ; quelque soit mon âge, je vous entends tellement souvent prononcer ces mots, tristes, découragés, le plus souvent énervés et toujours impuissants : « Arrête de faire des caprices !”

Etes-vous prêts à écouter ce qui se passe dans mon cerveau en construction ? J’ai besoin que nous puissions nous comprendre, j’ai tellement besoin de vous pour me construire. A la naissance mes quelques 100 milliards de neurones ne sont pas très connectés les uns aux autres. C’est pour ça que je bouge tout le temps sans pouvoir contrôler mes mouvements. C’est pour ça que dès que mon cerveau sent que mon estomac est vide, il actionne une sirène qui ne s’arretera que lorsqu’il sera en sécurité : je pleure parce que je me sens en danger, j’ai besoin d’être nourri et d’être rassuré. Je ne sais pas faire autrement ! J’ai besoin de vos bras, de vos mains, de vos mots pour savoir que le monde est accueillant. Je ne sais pas faire autrement, apprenez-moi à attendre !

Il y a une logique dans le cerveau des adultes qui est mystérieuse pour moi, enfant ! Je vous explique : A la naissance, mes muscles sont incapables de me tenir debout, je ressemble à une jolie poupée de chiffon. Peu à peu, dans mon cerveau les connections se font entre les neurons moteurs pour que je puisse tenir ma tête droite, me mettre à pattes, ramper, tenir ma cuillère… Je vois votre admiration devant la progression des liens dans mon cerveau et cette admiration consolide mes progrès.

J’aime tellement vous faire plaisir et observer dans vos yeux votre fierté. Et le summum, le nirvana c’est lorsque je me mets debout. La famille entière s’extasie, je suis devenu l’attraction intersidérale : « Ca y est, il marche, regarde, regarde, il s’est laché, waouuuu, t’es trop fort mon biquet, on appelle mamie, on met mes photos sur tous les réseaux sociaux… ». Je me sens le roi du monde.

J’adore vos bras, vos mains tendues, vos regards, et cela renforce mes muscles et mes connections cérébrales. Et lorsque Newton tire mes couches vers le bas,badaboum, je me prends les pieds dans le tapis, je tombe… Je n’y arrive pas, c’est trop dur, mes muscles ne savent pas soutenir plus longtemps mon poids, ils ont besoin de se consolider, de se reposer, de reprendre un peu plus tard… Et je vous trouve plein de douceur, de compassion, d’encouragement : tu vas y arriver, regarde tu t’es mis debout ! C’est formidable ! BRAVO !

Personne ne se met en colère, ne lève la main sur moi, ne se désespère. Vous savez que je vais y arriver, qu’il me faut des encouragements, que j’ai peur de me faire mal, qu’il faut enlever les objets qui peuvent me faire tomber. Et tout cela vous le faites tellement bien ! Merci !

C’est là que j’ai besoin que vous me compreniez. Pourquoi ne faites-vous pas pareil lorsque je pleure ? A la naissance, lorsque je pleure, c’est que je ne sais pas comment m’exprimer autrement. Je ne suis pas méchant, je ne fais pas un caprice, je suis mal et je n’ai pas d’autres moyens de vous le dire. Et ensuite je sens dans mon corps des émotions que je ne connais pas et qui sont douloureuses, alors je pleure. Je ne suis pas méchant, je ne fais pas un caprice, je ne sais pas ce qui se passe.

Comme pour la marche,je suis en train de consolider mes réseaux. Je ne sais pas attendre, je ne sais pas être seul, je ne sais pas parler avec tous vos mots… Je vais apprendre ! Bien sur que je vais apprendre, grâce à vous, mes parents chéris. Je ne sais pas apprendre si vous me criez dessus quand je pleure, si vous n’espérez pas mes progrès, si vous ne croyez pas en moi, si vous ne me protégez pas.

Je ne comprends pas pourquoi vous le faites si bien avec la marche et toutes mes chutes, et pourquoi vous ne le faites pas pour mes pleurs. Vous croyez peut-être que je comprends ce qui se passe ? Mais non, je suis un enfant, je ne sais pas ce qui m’arrive, j’ai besoin de votre présence, de votre aide. Et là, j’entends un mot qui coupe court à toute relation avec vous :

L’etymologie du mot vient de l’italien, de capra, la chèvre pour désigner un saut de chèvre, une chose inattendue.

Vous savez bien que je ne suis pas une chèvre ! Je suis un enfant qui met ses neurones en lien. Je crois que le mot caprice a été inventé par des adultes qui ne voulaient pas dire qu’ils étaient impuissants, qu’ils ne savaient pas comment réagir… Je suis un enfant, j’ai besoin de vos limites, pas de vos cris, pas de vos jugements. J’ai besoin de votre amour, de vos limites, de votre confiance. Je ne suis pas une chèvre !

La morale de cette histoire ? Papa, maman, vous avez sans doute été élevés à coups de « Ne fais pas ton caprice ! ». Est-ce qu’ensemble on peut essayer une autre voie : celle de la communication, celle de la bienveillance, celle de la patience… bref celle de l’humanité ? J’ai tellement envie de vous proposer ce cadeau pour votre fête à tous les deux !

Bonne fête papa de mon humanité et bonne fête maman de mon humanité.

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