On a testé les couches lavables

« Cher parent ou futur parent, »

Je m’adresse à toi, car soyons d’accord, QUI s’intéresse au sujet s’il n’est pas concerné directement ? Ou alors, t’es un peu bizarre… Ou alors tu devrais trouver un but à ton existence. Vraiment.

Je ne m’étendrai pas ici sur les arguments pro-couches lavables, détaillés dans les blogs qui sentent bon de la Famille Zéro-déchets, de la super-womum Wooloo, ou de la désopilante Happynaiss. Pour les arguments « contre », écumez les forums, y a moult.

Mon intérêt est plutôt de transmettre ma petite expérience. C’est que du cru, du vécu, au Bifidus actif avec des vrais morceaux de fruits dedans.

Pour les addicts de couture (les autres, passez à la suite)

Copine hyper-doué-hyperactive m’a convaincue et guidée pour commander sur internet les tissus nécessaires pour les coudre. D’un point de vue coût de revient, le calcul penche vite pour le DIY. Avec le patron adapté et les astuces qu’il faut (merci Copine), même une débutante peut s’en sortir.

Le fruit du labeur est choubidou et sexy :

 

Bémol : à raison de 3 bonnes heures de fabrication pour chaque couche, sans compter l’insert, de foirages, recommençage, pétages de câble sur cette putoite (femelle du putois) de machine à coudre, le risque est grand d’y laisser sa santé mentale et la totalité de son congé maternité. C’est une super idée, le résultat gratifiant, mais moi, j’ai la patience d’un criquet en pleine saison des amours.

Pour les autres, normalement constituées

Sur la base d’une consommation de 7 couches par jour et d’une par nuit, je me serais dotée d’un stock de 16 couches lavables minimum, autant d’inserts. Question de faire une machine tous les deux jours, chose déjà pratiquée dans un foyer de deux adultes actifs et transpirants et d’un bébé. Sache que si tu veux du local, Petit Bourgeon est une géniale couturière du Caillou qui vend des couches canons. Sinon, tu vas devoir écumer internet pour en commander à l’étranger et vendre ton corps pour payer la douane. Sache que le Dieu des couches lavables s’est incarné dans les Hamac (des autels et des forums de fans leurs sont dédiés, c’est pas une blague !).

En l’occurrence, c’est en guettant sur un réseau calédonien de petites annonces que j’ai eu la chance de tomber sur la maman d’une paire de jumeaux revendant son stock pantagruélique de… 55 couches lavables et de 70 inserts ! Pour une misère, vu le prix du neuf.

Celles dont je me suis doté sont des couches avec une enveloppe imperméable extérieure, une doublure en polaire toute douce à l’intérieur, et d’une poche dans laquelle on glisse un insert absorbant en tissu-éponge. Le tout avec des boutons pression réglables selon la taille du popotin de Bébé-chou.

Le placard de ma salle de bain, c’est le dressing de Paris Hilton pour Bébé-chaton. Il y en a pour tous les goûts, avantage complètement futile des couches lavables. Mention spéciale pour la couche Bob l’éponge de Mini-pioupiou :

 

La grande question du lavage (âmes sensibles s’abstenir…ou pas)

On a compris que le but des couches jetables, c’est de ne pas avoir à gérer du pipi (dans le meilleur des cas), ou du caca (explosif dans le pire scénario de Ridley Scott). On replie façon origami et hop poubelle, pour effacer à jamais le fruit des entrailles de votre progéniture dans les limbes de l’oubli (et dans l’océan avec les bébés tortues, on est d’accord). On s’imagine tout de suite la galère de LAVER DU CACA sur du tissu, d’en apprécier tous les détails, le parfum, la texture et… aaaargh ! De devoir y mettre nos mains délicieusement parfumées à la fleur d’oranger pour les décrasser ?!!… Ben en fait non.

Certes, les premiers jours à la mater’, j’ai découvert la consistance hyper adhésive du méconium (Ridley a dû s’en inspirer pour créer les fluides du film Alien). Je me suis donc accordé le droit de consommer des couches jetables le temps que ça passe. Les selles des bébés allaités sont pâteuses-liquides (bon appéééétit), un coup de PQ pour enlever le plus gros au-dessus des toilettes, zhou dans un seau à couvercle jusqu’au prochain lavage machine et le tour est joué. Mini-choui finira par faire des crottes de lapin, bonheur, ça roule tout seul dans la cuvette. Easy-peasy. Si vraiment ça ne se passe pas bien, un saupoudrage et trempage au percarbonate de soude ou aux cristaux de soude élimine même les tâches les plus tenaces (petit jingle publicitaire) ! Plan B, il existe chez une chaîne de magasins bio de Calédonie, dont je ne citerai pas le nom (à moins de négo’ un petit royalitie, hmm ? non y s’en battent les genoux…) des voiles de coton jetables qui peuvent se placer entre la couche et les fesses de Piou, et que tu n’as plus qu’à jeter ou brûler au chalumeau, avec son contenu. Testé, validé, mais pas approuvé pour ma part, parce que ça reste du jetable.

J’ai aussi eu la chance de tomber sur une nounou sensible au sujet, qui s’est adaptée très vite au fonctionnement des couches lavables. Au lieu de finir dans sa poubelle comme celles des autres enfants, les couches de Piou sont stockées avec les lingettes lavables (allons jusqu’au bout de la démarche voulez-vous ?) dans un sac imperméable, que je vide le soir… directement dans la machine.

Les petits écarts que j’assume

Je ne suis pas la gourou des couches lavables (hein ?!…), il y a des moments où ma charge mentale quotidienne n’a pas besoin de copines pour danser le limbo, donc je concède :

« Suivez les consignes d’entretien ! » Le lavage à 30°C, essorage minimum, avec décrassage préalable au pschitt magique-paillettes-faite-maison-par-Blanche-Neige… C’est vrai que je devrais respecter les consignes pour que mes couches puissent être transmises jusqu’à la troisième génération de fesses. Mais nan. Actuellement, c’est du 40°C avec le reste du linge bébé, un bon essorage pour que ça ne mette pas trois plombes à sécher et c’est bouclé. La meuf a un stock de 55 couches, elle croit que c’est Las Vegas… Mea culpa, fouettez-moi.

« Les couches lavables vous suivent partout… dans un périmètre de 30 bornes ! » Quand je me déplace plus d’une journée, je l’ai très moyenne, la motivation de me trimballer un sac de couches qui faisande. Donc si je ne rentre pas chez moi le soir, Poupouille porte des couches jetables dont je me débarrasse au fur et à mesure (dans l’O-cé-an, t’as compris ?). Sur le Territoire, les Tidoo sont les plusse-moins pires à mon sens, dans leur gestion des matières premières à la fabrication (à la fabrication uniquement, ça reste très bof pour les dauphins).

« Zéro fuite la nuit ? Mais bien sûr… » Dans une couche jetable, tu trouveras un tas de joyeusetés qui n’ont absolument rien à voir avec du coton, il y aura beaucoup de produits issus du pétrole (« des polymères dérivés qui mettront 300 ans à se dégrader alors que bébé ne l’a porté que 2 heures » me dit une petite voix vindicative en la personne de la Copine), autant de produits qui ne devraient pas entrer en contact direct avec la peau fine et soyeuse de la prunelle de tes yeux. Le truc, c’est que cette cochonnerie-là absorbe SUPER BIEN. Bien mieux que les 6 couches de coton bio d’une couche lavable. Si tu oublies de changer la couche jetable de ton Piou entre deux pipis, c’est pas grave, ça le fait. Pour une couche lavable… Tu risques fort de devoir mettre à laver aussi le body, le pantalon, les chaussettes…  Donc, soit tu te lèves la nuit toutes les 2 heures pour le changer (HAHAHAHA), soit tu doubles l’insert de la couche et l’alèse du lit en acceptant que ton enfant dorme avec le cul rembourré d’un mandrill, soit… tu lui mets une couche jetable juste pour la nuit ! Zyva, lance-moi tes tomates.

La conclu qui tombe à pic…

… Parce que ça y est, j’en ai perdu la moitié en route. Le mot de la fin : accroche-toi si cette démarche est la tienne ! Mon expérience de bientôt un an est concluante, pour d’autres, c’est un échec. Tout est une question de trouver le bon équilibre, les compromis nécessaires, et d’aimer les bébés hippocampes qui ont bien besoin de nous pour penser à eux.

 

Article rédigé par une #SuperNana de la communcaté #MD 😉

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4 pensées sur “On a testé les couches lavables

  • 27 janvier 2019 à 23:35
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    Plus d’un an de couches lavables nuits et jours ici, et à peu près 0 fuite ! Même si je me déplace plus de deux jours, on emmène tout avec nous ! Avec une bonne routine de lavage pas de problème de fuites ou d’odeurs. Pour les selles de bébé allaité par besoin de racler elles sont complètement hydrosolubles, hop dans la machine et tout part très bien. Et pour la suite, un bon voile lavable en micropolaire c’est encore mieux que le voile jetable. Le site http://www.fluffloveuniversity.com/ est vraiment de super conseils concernant l’entretien, parce que le mythe du lavage pas trop violent faut arrêter… les couches pleines de pipi et de caca c’est un peu le truc le plus crade qu’on puisse laver hein 🙂 Et si vous voulez vérifier que les inserts sont vraiment propres n’hésitez par à faire tremper dans du percarbonate pour voir de quelle couleur ressort l’eau 😉
    En tout cas les couches lavables c’est le top !

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    • 29 janvier 2019 à 05:58
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      Merci pour ton retour d’expérience Triskell !
      On va suivre tes petits conseils pour être 100% couches lavables 🙂

      Répondre
  • 30 janvier 2019 à 12:23
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    Pour avoir eu mes bébés en Angleterre, ma routine couches lavables est différente. Déjà, on passe les couches en cycle rinçage à froid avec quelques gouttes d’H.E de tee tree pour assainir un peu puis cycle normal mais long avec lavage d’au moins une heure et rincage additionnel. Là bas on insiste bien aussi sur le lavage à 40°c (en dessous ça lave pas si bien que ça) et même à 60 pour nouveau né/plus d’un enfant en couches mais bon perso 40 ca me va. Ne jamais utiliser d’adoucissant car ça rend le tissu moins absorbant, éviter les lessives liquides et surtout avec enzymes quand les couches sont en coton (mais en pays français c’est impossible de trouver sans enzymes), en revanche les cristaux de soude c’est un big no, ça change selon les pays j’imagine. Pour les bébés allaités effectivement ça part tout seul au lavage. Après perso devoir rincer les couches crasseuses dans le lavabo/la douche (parce que souvent le caca ben il est tout écrasé/étalé et non pas en boulettes..
    ) ça me dérange moins que l’idée de jeter une couche qui durera 400ans ! C’est sûr que c’est pas amusant mais bon voilà, tas fait un bébé, ça va avec!
    Je suis addict de couture mais coudre des couches c’est quand même assez technique et chronophage, j’ai déjà pas assez de temps pour les 10000 projets de ma liste… 😁
    Sinon pour les séjours de plus de 24h hors de la maison sans accès à une machine à laver, j’utilise aussi les tidoo.
    Après l’article ne parle pas des différents systèmes qui existent, celui qui est montré ce sont les “pockets” avec insert et franchement ce n’est pas le plus efficace, surtout la nuit comme c’est précisé. Alors pour avoir un argument pro lavables de plus, utilisez le système en 2 parties : une couche lavable en tissu (avec booster pour la nuit ou longue durée) et un “wrap” (culotte de protection), avec ça pas de fuite même après 12h (quand bébé dort autant !). C’est pratiquement l’essentiel de mon stock en fait, ca ne me dérange pas que ça fasse plus de volume sur bébé, et ça ne limite pas sa motricité non plus contrairement aux idées reçues.
    J’ai eu la chance de tomber dans l’univers couches lavables quand j’habitais en Europe, il y a plus de choix, et du coup j’ai pu tester différents systèmes et marques et trouver ce qui marche le mieux pour moi (et me faire un stock entre neuf et occas sans me ruiner), et je me suis lancée dès le premier jour de mon 1er bébé (oui le meconium ça se lave aussi en machine mais ça teinte les couches pour quelques cycles de lavage !)
    Ah… ça se ressent que j’aurais trop aimé (co)-ecrire un article sur le sujet ? 🤣

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    • 31 janvier 2019 à 04:54
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      Merci pour ce beau témoignage et pour les compléments d’information … Le sujet est tellement vaste, que nous ne pouvons pas tout traiter en 1 article 🙂
      Concernant la (co)-écriture vous pouvez nous contacter directement sur notre adresse contact(a)lesnanas.nc ou via notre formulaire de contact.
      Belle journée !

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