« Allez, sois sage ! » – Le coin du cerveau

Ah !!! Chouette, nous revoila avec une nouvelle phrase du vocabulaire familial courant.

« Bon alors, sois sage, s’il te plait ! »
Les enfants sentent que cette phrase est capitale. Capitale, oh oui ! Mais capitale pour qui ? Pour quoi ? Pour dire quoi ? C’est bien ça la question ! Qu’est-ce que les adultes entendent par « Sois sage ! » ? Qu’est-ce que vous entendez par « Sois sage ! » ? Si vous repensez aux situations dans lesquelles vous pouvez la prononcer c’est sans doute la plus grande variété.
Parfois c’est la phrase annonciatrice d’un drame iminent, avec des pensées du genre, « Fais attention à toi ! » ou alors cette sentence annonce un effondrement inquiétant de votre capital patience « T’as intérêt à très vite comprendre ce que je veux ! », ou encore c’est l’annonce de la venue d’une tierce personne en manque de temps « Mamie arrive ! » …

L’adrénaline
Bref, avec cette injonction, le cerveau de votre chérubin se gorge d’un produit magique fabriqué en cas de danger réél ou imaginé : l’adrénaline ! Ce neurotransmetteur est produit dans les circuits très profonds du cerveau, ceux qui sont chargés de la survie et qui fonctionnent de manière instinctive et sans contrôle de la conscience.
Et voila où cette injonction vous met tous en difficulté. Vous sollicitez le cerveau reptilien, le cerveau instinctif de votre enfant, celui qui sent : « Je sens qu’il y a un danger, et je ne sais pas vraiment d’où il va venir ! » Donc, oui votre enfant sait d’une part qu’il doit changer quelque chose et d’autre part, il sait qu’il en va de sa survie de réussir cette épreuve dans les temps ! (Oui, je sais, je suis un brin excessive en parlant de survie ! Le cerveau reptilien ne brille pas par sa subtilité non plus, il est chargé de me maintenir en vie, donc, on ne va pas rigoler avec ça … ) Mais pour le moment, personne ne sait ce qu’il doit faire de ces deux mots « Sois sage ! ».

Le résultat final est là : votre enfant est plus calme !
Si on reste avec notre cerveau reptilien, il a trois réactions possibles :

La fuite, l’attaque ou l’immobilisme.

Pour les deux premières réactions, votre enfant a donc le choix entre partir au fond du jardin, ou vous répondre en disant « Je fais ce que je veux, t’es nulle, maman ! ». En général ces deux réactions risquent d’empirer une situation déjà en haut de toutes les échelles normatives de danger.

Dernière option rapidement adaptée : ne plus bouger. Dans la majorité des cas, cette stratégie va se réveler bénéfique pour l’enfant avec un écartement progressif du danger, en lien direct avec le degré d’immobilisme atteint. Tout s’est passé dans le cerveau instinctif, le reptilien, sans réelle participation active du cerveau qui raisonne, qui observe, qui analyse : le cortex. Oui, le résultat final est là : votre enfant est plus calme !

Bon, d’accord, je sais, certaines fois, ça ne fonctionne que chez les bisounours… Finalement, on peut dire que si l’enfant se calme ce n’est pas parce qu’il a réfléchi et accepté de changer de comportement, c’est parce qu’il a eu peur. Et puis qu’est-ce que vous lui avez demandé de faire, en fait ? Lorsque vous dites « Sois sage ! », qu’est-ce que vous voulez qu’il comprenne avec son cortex ?

Dire à votre enfant exactement ce qu’il doit faire
Il faudrait peu de choses pour diminuer le taux d’adrénaline de toute la maison. Et si vous pouviez dire à votre enfant exactement ce qu’il doit faire ! En effet, parfois vous voulez lui dire « Ne parle pas en même temps que moi ou que mamie ! », parfois c’est plutôt « Arrête de faire du bruit avec ta sœur ! », ou encore « Range tes chaussures en rentrant à la maison ! », ça peut être aussi « Va terminer ton exercice de maths avant le repas ! », et parfois « Va dans ta chambre, j’ai besoin de calme ! », ou aussi « Finis ton pain ! » …

Difficile pour un enfant en phase de création des nouveaux circuits du cortex d’inventer ce qu’il devrait avoir comme comportement, devant une telle variété de situations possibles. Aider votre enfant à consolider ses nouvelles connections dans tout son cerveau en lui décrivant précisément ce que vous attendez de lui et pas seulement d’être sage. Cela va solliciter son cortex et donner à votre enfant des stratégies possibles d’action et de changement de comportement…

La morale de cette histoire ?
Soulagez le cerveau reptilien de vos enfants en leur disant très clairement ce que vous attendez d’eux. Sollicitez leur cortex en leur donnant des phrases courtes et descriptives qui leur permettent d’agir sans avoir à deviner, plein d’adrénaline, votre pensée et votre demande… et gardez votre adrénaline pour aller sagement … sauter en parachute, par exemple !

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